COMMENT INTERPRÉTER LE TEST PAP

Comment interpréter le test PAP

Si les résultats de votre test PAP montrent des «altérations», c’est naturel de vous inquiéter. Cependant, il est important de vous rappeler que le Test PAP n’est pas le test exclusif de dépistage du cancer, et d’autres raisons peuvent donc aussi exister pour que les résultats ne soient pas normaux.
Le test PAP permet aux gynécologues de dépister – et de traiter en cas de besoin – toutes les cellules pathologiques dans le col de l’utérus qui sont susceptibles d’évoluer en un cancer du col de l’utérus avec le temps, dans certains cas, si elles restent plusieurs années sans thérapie ni suivi médical.
Pour cette raison, il est très important d’effectuer régulièrement votre Test PAP.

Comprendre les résultats du Test PAP

Résultat pathologique :
Vous avez probablement reçu un «résultat pathologique» dans le passé. Cela signifie que le laboratoire a constaté la présence des cellules pathologiques dans l’échantillon prélevé de votre col de l’utérus.

Souvent, les résultats pathologiques ont les causes suivantes :
• causes microbiennes (haemophilus, trichomonose, etc.),
• lésions bénignes (polypes),
• causes hormonales (traitement médicamenteux, ménopause), et aussi
• causes naturelles (contact sexuel, traumatisme après l’accouchement ou curetage utérin).

La raison principale de faire le Test PAP :

Le dépistage des virus de l’herpès (HSV Ι-ΙΙ), des papillomes et des condylomes (HPV), mais aussi des lésions précancéreuses qui en résultent.


On peut donc vous demander de faire un deuxième test PAP ou, dans certains cas, on peut vous orienter vers une hystéroscopie. Le médecin vous conseillera au sujet des démarches à suivre et devra pouvoir répondre à toute votre question éventuelle.

Résultat équivoque:
Si vous êtes informés que vous avez un résultat «équivoque» (ASCUS) au test PAP, ne vous inquiétez pas tout de suite. Cela signifie que dans votre échantillon, le laboratoire a trouvé des cellules pathologiques qui peuvent avoir des causes microbiennes, hormonales, aléatoires ou virales.
Dans ce cas, vous serez le plus probablement invités à refaire un test PAP après un délai de 3 à 6 mois, ou/et une hystéroscopie avec détection de virus (TEST ADN HPV) pour exclure l’étiologie virale.

Lésion indéterminée:
Si vous avez un résultat indéterminé (ASCH), le cytologue a découvert une lésion précancéreuse sans pouvoir déterminer son grade. On vous demandera sûrement de faire l’examen de détection de virus, le dépistage de la protéine L1 et l’hystéroscopie avec biopsies ciblées.

Échantillon impropre:
Certaines femmes sont informées qu’elles ont un «résultat impropre». Cela signifie que le laboratoire n’a pas réussi à examiner les cellules prélevées. Il y a beaucoup de raisons à cela : une petite quantité de sang avait obscurci les cellules, ou les échantillons de cellules étaient trop épais ou trop fins. Dans ce cas, vous serez le plus probablement invités à faire une répétition du test PAP très bientôt.

Qu’est-ce que la lésion intra-épithéliale du col de l’utérus (Cervical Intraepithelial Neoplasia, CIN)?
Quand le virus HPV se manifeste dans le col de l’utérus, les premières modifications cytologiques observées au test PAP sont les koilocytes, la parakératose, le double noyau et la dilatation des noyaux. En présence de toutes ces altérations cytologiques, la lésion est caractérisée comme infection HPV.


Si la lésion avance à la prochaine étape de l’anomalie des cellules, les petites dilatations et les anomalies des noyaux des cellules se manifestent, classées dans la catégorie «lésion intra-épithéliale du col de l’utérus de bas grade», c’est-à-dire CIN-I.
De la même façon, si les altérations continuent à se développer davantage dans les cellules, elles sont classées dans la catégorie «lésion intra-épithéliale du col de l’utérus de grade moyen» c’est-à-dire CIN-IΙ, et les modifications cytologiques encore plus importantes constituent la «lésion intra-épithéliale du col de l’utérus de haut grade» ou CIN-III. Une femme qui ne suit pas de traitement médical pendant une période de 3 à 5 ans à compter de l’apparition de la lésion peut développer le cancer du col de l’utérus.
En bref, le CIN-I, le CIN-II et le CIN-III sont les catégories qui correspondent aux stades des modifications cytologiques provoquées par le HPV s’il reste sans traitement.
Le processus de la cancérogénèse est lent et comprend plusieurs stades, mais sa guérison complète est possible et facile.

Qu’est-ce que la lésion intra-épithéliale squameuse (Squamous Intraepithelial Lesion, SIL)?
Pour faciliter le traitement des modifications précancéreuses, une nouvelle classification des modifications cytologiques a été créée. Tous les stades ont été regroupés en deux, en mettant l’infection HPV et le CIN-I dans la catégorie «lésion intra-épithéliale squameuse de bas grade» (Low Grade Squamous Intraepithelial Lesion, LGSIL),

et le CIN-II et le CIN-III dans la catégorie «lésion  intra-épithéliale squameuse de haut grade» (High Grade Squamous Intraepithelial Lesion, HGSIL).

Que faire en cas de résultats atypiques du Test PAP?
Les évolutions de la cytologie (test PAP ThinPrep), des techniques cytologiques automatisées, de la cytologie moléculaire (dépistage de différents types de HPV, TEST ADN HPV) et de l’immunocytochimie (dépistage des protéines L1, Ε6 et Ε7), ainsi que la recherche sur les facteurs auto-guérisseurs de la lésion, les améliorations en hystéroscopie, l’évolution des lasers et de la conisation électrochirurgicale (LLETZ) ont complètement changé nos façons de réagir aux résultats atypiques du Test PAP.
Les différences éventuelles dans le traitement de différents cas sont liées aux possibilités de chaque laboratoire, aux capacités du gynécologue lui-même et aux possibilités financières de chaque patiente.
Quand nous avons donc un résultat problématique du test PAP ThinPrep, nous rassurons tout d’abord la femme qu’elle est en sécurité et que sa santé sera très vite rétablie. La réduction du tabagisme, l’alimentation saine et riche en vitamines et en métaux, les biorythmes naturels et l’état d’esprit positif et optimiste sont nos premières injonctions en matière de la consolidation des défenses de l’organisme.

La deuxième étape :

Après la communication du résultat, on cherche à approfondir les informations concernant la nature de la lésion. La détection du virus par l’ADN (test ADN HPV) nous fait gagner du temps pour le traitement de la lésion.
Le dépistage et la quantification des chlamydiées, des mycoplasmes et des uréaplasmes par les tests moléculaires sont absolument fiables, ce qui distingue ces derniers des cultures microbiologiques de dépistage de ces microbes, susceptibles de favoriser la présence et le développement du HPV et des lésions.
Ce dépistage se fait également selon la méthode de la cytologie en milieu liquide (ThinPrep).

La détection des protéines L1, E6 et E7 nous indique les probabilités d’autoguérison, tandis que l’hystéroscopie nous montre la topographie de la lésion. Parallèlement, les biopsies offrent une confirmation du Test PAP et des résultats éventuels de l’hystéroscopie.

La dernière étape:
Plus complexe, cette étape dépend des résultats des examens mentionnés ci-dessus et peut consister en un simple suivi ou en une conisation, ou bien aller jusqu’à l’ablation de la partie affectée du col de l’utérus.

Dr. Stefanos G. Valantasis
Chirurgien – Gynécologue – Obstétricien